MyDMAM : réflexions autour d’un DMAM idéal

Une série d’articles sur les différences pistes de réflexions à avoir sur un système de gestion de Médias (Digital Media Asset Management), et qui m’on amenés à en écrire un.

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Il existe une multitudes de systèmes qui sont appelés MAM ou DMAM ou en tous cas peuvent en être assimilés. Ils sont tous différents les uns des autres, tous destinés à un métier, à un univers technique, à certains types de fichiers, voir limités à certains besoins très spécifiques.

En exemple, Cantemo Portal, Adeuxi, Avid Interplay, Dalet, Adobe Lightroom et même iTunes répondent à cette idée : des fichiers médias, une base de donnée, un index, la possibilité de commander des actions automatiques ou manuelles sur ces fichiers… par un utilisateur ou un système externe interconnecté.

Il y a des fonctionnalités communes, ou du moins des types de fonctionnalités que l’on retrouve souvent à travers ces systèmes :

  • une recherche intégrée
  • des bas débits/vignettes/formes d’ondes générés et gérée en interne
  • la création/modification/suppression d’éléments
  • une interface utilisateur « conviviale »
  • une gestion utilisateur avec des droits d’accès personnalisés et une authentification
  • une API pour l’interconnexion avec d’autres systèmes externes
  • un stockage de fichiers géré par le MAM
  • une notion de backups et d’archivage
  • de convertir des fichiers d’un format à un autre
  • de vérifier la structure, l’intégrité et la conformité des fichiers stockés
  • de récupérer ou d’envoyer des éléments depuis et vers d’autres systèmes

L’approche se résume souvent avec les gros systèmes « propriétaire » par la livraison d’un ou plusieurs serveurs de gestion (base de donnée, serveur web, transcodeur) et lié a une baie de stockage ou un SAN dédié. Parfois c’est même une « boite » fermée que l’on relie au courant électrique et au réseau. 

Le système propriétaire doit répondre du mieux aux besoins clients, c’est le minimum bien sur, mais aussi à des points plus fondamentaux :

  • Est-ce que l’on a la main sur la base de donnée ? Peut on librement faire évoluer cette partie en changent de technologie (mise à jour vers une version plus récente), ou son installation (changement de serveur physique en virtualisé par exemple) ? Peut-on nous même changer ces données, en partant du principe que l’on respecte la structure existante ? Enfin, peut on changer la structure de ces données ? En ajoutant des champs personnalisés, par exemple ?
  • Est-ce l’on peut changer l’interface client ? La moderniser, la faire évoluer suivant l’évolution des besoins ? La mélanger avec d’autres interfaces d’autres systèmes ? Peut-on déporter un bouton de l’interface de son super MAM sur une montre connectée ?
  • Quel lien a-t-on avec le support technique de la solution ? A quel point est t’on lié avec le fabriquant ? Quel marge d’action peut on avoir sur le système  en autonomie avec le fabriquant ? Peut on passer par un autre support technique concurrent ? Et plus important encore : a-t-on la main sur nos données (fichiers et base) sans être dépendant du fabriquant ?
  • Peut on changer le stockage ? Changer la structure du stockage, l’emplacement des éléments, leur noms, peut ton mélanger le stockage avec d’autres solutions ?
  • A-t-on des limitations fonctionnelles artificielles qui n’ont pas de raisons techniques directes comme des licences utilisateur limitées, une limite de stockage, de nombre d’éléments, de dongle, de résolution, de durée, de bande passante ?
  • La vitesse de réaction d’un système est lié a toutes sortes de contraintes externes (réseau, volumétrie, nombre d’éléments…) mais est souvent limité aux capacités de stockage, de base de donnée, et de conversion de fichiers. Est ce que les choix techniques fait par le fabriquant n’ont pas tendance à renforcer ces limites ? Il y a beaucoup d’évolutions technologiques ; doit on conserver les paradigmes des technologies des années 90/2000 ?
  • Le syndrome que j’appelle « Maison de Barbie » : si vous achetez une maison de Barbie, il vous faudra aussi l’avion, la voiture, le cheval, le Ken… Tous vendus par Mattel. Il est impossible de mélanger Legos, Barbie et Playmobile. Mais on vous dira que c’est compatible avec les Gi Joe, de chez Mattel aussi. La plus part des gros systèmes sont comme cela : pour des raisons de stratégie commerciales, tout les produits ne fonctionnent vraiment qu’entre eux, même si le vendeur vous dira le contraire et vous facturera une API très contraignante.

De nombreux MAM imposent un rituel d’ingest ou de soumission de nouveaux médias/assets. Ce rituel est toujours contraignant car il vous oblige à faire passer vos médias dans un tunnel obscure ou ils ressortiront le plus souvent renommés, classés dans des dossiers et jamais de façon intuitive. Vous savez, quand vos fichiers reçoivent un long Id généré plus ou moins aléatoirement alors qu’au départ ils avaient un nom bien explicite ? On aimerai tellement que nos fichiers soient classés là où l’on veut, avec le nom que l’on veut, sans être obligé de faire cette déclaration de douane, sous prétexte qu’un développeur à manqué d’imagination pour sortir un système plus souple ? Où qu’un vendeur à choisi une solution pour vous faire dépenser de la licence / du stockage ?

Ce rituel d’ingest est parfois accompagné d’un autre rituel qui lui aussi est fait sous la table : la génération de bas débits et de vignettes.

Et alors ? Un développeur a décidé, pour vous, le format, le codec, le nombre, l’emplacement, le débit, le nom de tous ces nouveaux fichiers. Et parfois, un vendeur de boites vous impose un transcodeur et un stockage rien que pour cela !

Comment on fait quand on à 100 To de fichiers frais qui arrivent d’un coup dans ce genre de MAM ?

Comment on fait quand on 1000000 fichiers de quelques secondes à déclarer ?

On attends qu’il fasse l’import ? Un par un ?

Et comment on fait quand on n’a PAS BESOIN de bas débits ou de vignettes ? Et quand on n’en a plus besoin (pour faire de la place par exemple) ? Et quand on en a parfois besoin ? Et quand on a besoin de personnaliser, avec un logo, par exemple, ces bas débits ? Et quand le « haut » débit original peut très bien servir de bas débit ? Et quand on dispose déjà d’une super plateforme de transcodage qui attends de faire ces conversions ?

Ces points reposent sur des questions très ouvertes et sur des problèmes très concrets.

J’ai bien fait attention à mettre le doigt sur ce qui fait mal : j’ai connu pas mal de technologies, et j’en ai utilisé quelques unes. La plupart échouent sur une bonne partie de ces points.

Le pire, c’est que ces solutions sont présentés comment étant universelles, ça fait tout sauf le café. Un produit qui remplit toutes les solutions de nos « métiers ». Comment un produit peut répondre à toutes les problématiques de métiers et de mondes professionnels qui sont en pleine mutation ?

La radio fait de la TV (en ligne). La TV fait de l’écrit (en ligne). L’écrit fait de la TV (en ligne). Le podcast est devenu un « vrai » métier. Le blogueur fait de la presse (en ligne). La TV devient connectée (oui, en ligne). Le photographe fait de la vidéo (en ligne)…

Qui peut prétendre vendre un outil polyvalent pour gérer tout ces fichiers par tout ces gens ? Google ? Facebook ? …sérieusement ?!

J’ai donc écrit un outil qui est une « tentative » pour résoudre tout ces points.

MyDMAM est un logiciel libre, gratuit, sans garanties et encore expérimental.

Dans de prochains articles, je parlerai des approches utilisés dans MyDMAM qui diffèrent des outils les plus courants.

La suite : MyDMAM : les bases de données d’un MAM