Création personnelle : Les Melakaarnetts de Melaka

Une explication sur la vidéo « Les Melakaarnetts de Melaka », son origine et d’autres informations supplémentaires.

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Ayé, c’est publié chez Melaka. La consécration !

http://www.melakarnets.com/index.php?post/2011/10/17/Un-truc-de-malade-%21

Article original

Pourquoi cette vidéo ?

Pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, j’avais découvert lors des saisons V et VI de Kaamelott deux génériques époustouflants : le mélange du dynamisme de la présentation des comédiens au rythme de la musique, avec un traitement esthétique très poussé lié à la saison (neige / noir et blanc pour la saison V, sable et Rome pour la saison VI).

Quand j’ai vu ça, je m’en suis pas vraiment remis… C’est juste superbe. Je me suis dit : ok, je ferais un jour pareil. Quand je saurai faire (ce qui en fait n’est toujours pas le cas).

En lisant assidument les Notes du site BouletCorp, j’ai eu l’idée d’un fan art, une vidéo hommage au blog. En m’inspirant honteusement du générique de « The big bang theory », et en lui pompant sa musique, j’ai cédé à une pulsion créative, et j’ai fait ce petit délire. Je l’ai publié, et j’ai eu de très bons retours. Suffisamment pour avoir envie de faire une autre vidéo. Mélaka est une amie à Boulet, et elle a un blog. Mais à ce moment là, je m’en fichais éperdument.

Fidèle utilisateur d’Adobe After Effects, je suis aussi fidèle aux célèbres tutoriaux d’Andrew Kramer sur Vidéo Copilot. La présentation du plugin Sure Target 2, développé par Vidéo Copilot, m’a rappelé les génériques de Kaamelott V et VI, et donc l’idée de faire ça avec ça. J’avais la méthode, mais pas le contenu à montrer.

En glandouillant assidument sur des blogs BD francophone, je suis tombé sur celui de Mélaka. Bon, un blog de fille. La note du jour portait sur l’annonce de sa deuxième grossesse, tant mieux pour elle. Dans les commentaires il y avait une référence sur le fait qu’elle avait déjà racontée sa première grossesse, et que c’était bien… Ça m’intrigue, je cherche dans les archives du blog, je trouve, et je commence à lire les notes ou elle parle de ça grossesse. Ça ma donné envie de lire la suite, qui m’a donné envie de tout lire. Quelques heures plus tard, j’avais lu les Mélakarnets en intégralité. Je me suis dit il faut faire quelque chose, mais quelque chose de bien et de propre. Le déclic final a eu lieu lorsque j’ai percuté que Mélaka est une grande fan de Kaamelott; elle cite notamment la saison VI. La boucle était bouclée.

Je ne me suis pas précipité sur After comme j’en aurais l’habitude. Non. J’ai pris le temps de réfléchir, d’imaginer ce que je pourrais faire. J’ai relu le blog de 0, acheté « Romain », pour mieux cerner l’auteur et récupérer des idées, des orientations, et des images, années par années. Il ne fallait pas trahir l’auteur du blog, ni la musique. Il fallait que le dynamisme de la musique et de l’animation originale se retrouve et coïncide avec les images et les thèmes du blog (Reno, les chats, le boulot, les jeux vidéo, Puycelsi, Festiblog, Boulet, Bonjour etc…). Quand elle parle de ses peurs, de sa vie privée, quand elle se dévoile, je ne peux pas faire n’importe quoi. Avec le blog de Boulet, pas de risque, mais là, c’est un blog de fille, la barre est plus haute.

Alors, j’ai fait comme j’ai pu. On est très loin des génériques originaux de Kaamelott, mais je pense que ce n’est pas plus mal.

Pourquoi j’ai vraiment fait cette vidéo ?

Je me suis dit que ça pourrait être sympa, et que je pouvais le faire. J’avais envie de me servir de Sure Target, envie de rendre « hommage » à Kaamelott en faisant une reprise, et envie de faire un truc avec les Mélakarnets. Envie aussi de faire une vidéo débile, de jouer avec After Effects (c’est plus stimulant qu’Angry Birds, mais moins épique que Call of Duty).

Ca va vite, très vite. On n’a pas le temps de tout voir…

Oui, le rythme est imposé par la musique, et les années s’enchainent. Pas facile de résumer 8 ans de dessins et d’histoires en moins d’une minute… Je me console en me disant qu’a chaque re-visionnage, on découvre des nouvelles choses, des petits détails, des références… notamment en HD.

Bon après je monte speed. Je le reconnais. La première fois que j’ai fait un montage (banc cut avec deux magnétos Beta SP, « a l’ancienne ») le prof m’a dit « J’ai jamais rien vu d’aussi épuisant… Qu’est ce que ça va vite ! ». Bon c’est vrai qu’avec la fatigue, je peux faire tenir des secondes dans des images… Heureusement, je ne suis pas monteur.

Ici, l’enchainement des panneaux est forcé par la musique, et j’y peut rien, sauf évidement vider les panneaux, et simplifier l’ensemble. C’est à voir, je me le suis souvent demandé si je ne devais pas en effet simplifier ces panneaux.

Qu’est ce qui m’a pris le plus de temps ?

Tout ! Tout est long, chaque petite « chose », c’est 2 heures de travail facile. Après j’ai le choix : j’y passe de temps ou alors c’est vide et mal ajusté. Le total de travail, ça doit faire dans les 60 heures étalées sur 1 mois, sans compter l’animation des panneaux eux mêmes (vides, juste pour les placer dans l’environnement 3D afin d’animer les enchainements), j’ai dû la refaire 3 fois, car ça n’allait pas, il y a bien 10 heures de passées juste pour ça. Un enfer…. Et je trouve que le résultat est moyennement satisfaisant, surtout par manque de savoir faire.

Qu’est que j’ai utilisé pour faire cette animation ?

Pour l’animation et les traitements graphiques : After Effects (bas ouais) et Photoshop, c’est tout !

Pour extraire la musique, et les vidéos HD des Blu-Ray de Kaamelott qui me servaient de base de travail : ffmpeg, An*DVD HD, Premiere Pro, Pro Tools et Adobe Audition (pour ajuster la musique de début et de fin, car sur les originaux, elle est trop courte).

Et aussi Dropbox, Evernote, Mac OS X SL, Windows 7, Adobe Media Encoder, git, Firebug, D*wnl*ad Helper…

Pour créer le logo Melaka en début d’animation : Illustrator, Inkscape, et Photoshop. L’idée était de récupérer une signature pas trop petite de l’auteur sur un dessin, la nettoyer, la vectoriser, la lisser, et l’agrandir. Deux bonnes heures de galères pour bien ajuster tout ça, et avoir un résultat ressemblant, enfin j’espère que c’est le cas.

J’ai travaillé en ProRes 4444 avec alpha pour les rendus intermédiaires (doublures), et en 422 HQ pour le rendu final. Le dnxhd ne gère pas l’alpha. Tant pis pour lui. Mise à jour : depuis quelque temps l’alpha est disponible, mettez à jour vos codecs si ce n’est pas le cas. Les formats d’images sont en png et psd, rarement jpg. L’ensemble de tous les éléments (rendus intermédiaires inclus) me prend un peu moins de 9 Go.

Je ne fait pas de rendu final, mais que des rendus intermédiaires en utilisant les doublures dans After. J’ai gagné un temps fou avec ça. Plutôt que me cogner 1 heure de rendu à chaque fois, je ne fait que le rendu de ma composition (en utilisant les doublures déjà rendues de mes sous compositions) et je le défini en tant que doublure, ce qui au final me prend une dizaine de minutes au maximum, une seule fois, pour chaque composition.

Qui est dans le coup ?

Moi seul. J’ai tout fait sans aide, dans mon coin. Sans autorisations non plus. Ni pour la musique, ni pour les dessins, ni pour les petites vidéos ajoutées. Je cite tout le monde au générique. Que celui qui n’a jamais rien téléchargé, échangé, ou exploité sans autorisation des « ayants droits » me jette le premier le manuel de Final Cut Pro à la gueule.

L’étalonnage et la cohérence des couleurs des dessins, c’est pas trop ça. La bordure d’image non plus…

Je vous merde. Ce n’est pas mon métier, et j’aime pas trop faire ça, car je le fait mal (mais je doit le faire quand même).

Les panneaux, les papiers, les années

L’idée de départ, c’est un panneau, une année, un thème graphique, et un lien entre tout ça. C’est l’idée de départ, hein !
Le papier est l’élément de base du dessinateur. C’est un fil conducteur dans son travail, alors j’ai exploité ce concept avec pleins de papiers différents, car ce qui compte, ce n’est pas le papier, mais le dessin dessus.

Visite guidée

Le premier panneau

La signature Melaka, sur un papyrus qui rappelle les origines égyptienne de l’auteur. Et le papyrus, c’est du papier en quelque sorte. Je fait baver l’encre, puis je commence.

2004

La première année était très riche, j’ai décidé de la couper en 3, pour lancer le rythme, avec la musique.

On commence avec la sortie de Romain, la première BD de Melaka, que j’ai lu. L’image est un scan de la BD ! Le nuage, le chat, très girly, et le salut de la main – première publication sur les Mélakarnets –  à mis chemin entre un Hello World, et la plaque en or de la sonde Pionner.

Puis la couleur apparaît. 2004 est une année chargée, la page sera chargée. Un dessin de Mélanie par Laurel avec son Romain et son chat dans un sac en plastique. Mélanie gênée, Mélanie débordée, la chambre de Mélanie. Le trio des dessinatrices. Le logo du journal Psikopat en référence au travail de Mélanie. Boulet qui crée son blog comme celui de Mélanie.

Le papier représente du papier blanc déchiré (enfin c’est l’idée).

Après c’est rose. La rencontre avec Reno. Je pense que ça se passe de commentaire. Je ne pensais pas être capable produire ce genre de truc ultra eau de rose…

L’idée du papier, un truc bien rose, avec une texture sympa.

2005

Une énorme année. Le travail sans relâche, la parution dans Spirou, le voyage au Mexique, Reno en slip, la maladie de Reno, Festiblog, le nouvel appart, le jeu Heroes.

Il y a des tooones de trucs que j’aurais aussi aimé montrer.

Le tas de feuilles grises pour représenter toutes les choses en cours, en vrac.

On enchaine avec le jeton bleu, que l’on retrouve encore là où on ne l’attend pas.

2006

Le jeu Dofus (qu’est ce qu’elle a pu nous gonfler avec ça), Les 3 chats, les séries TV, la création du .com, l’interview de Mélanie pour le Festiblog à Bercy (avec un effet de vidéo crayonnée), une autre BD publiée, l’annonce de sa grossesse par Boulet. Et deux dessins sympas : le uhuh et l’arbre.

Papier craft, avec un effet de déroulé.

2007

La grossesse, et l’accouchement, encore rose, encore un papier non identifié à la texture sympa, genre papier peint. La présence de Kaamelott dans la vie de Mélanie (en plus de sa fille), la tété, et le « sekse ».

2008

L’installation à Puycelsi (une ville fortifiée un peu au mieux de rien). Une photo bouche ouverte (postérisée avec Photoshop), Maya & Melaka on Tour, « Mélanie chaude », le cris qui tue, World of Warcraft, une interview pour la chaine Nolife, un Yey ! très sympa, Boulet qui veut sa vasectomie, Mélanie qui crée sa page Facebook (avec sa vraie page Facebook actuelle dans l’animation, oui je suis un vrai malade), et la photo de famille avec le « roux » qui fait exploser les stats du site.

Le fond est un mélange entre un mur de briques, qui rappelle Puycelsi, un effet de hachures avec toshop’, et le papier d’une note de Boulet publiée dans les Mélakarnets.

2009

Oh les beaux animaux ! Ce sont des fonds d’écran made in Melaka.

On retrouve La flemme avec Maya, le permis de conduire, le jeu mère fille, Mélanie qui va a Paris, Cosette (un délire avec des vieux et du ménage…), et la, hum « déclaration » à Maitre Astier. Encore une référence à Kaamelott !

Puis on enchaine sur la récupération, furtive, du chat perché sur un toit, pour passer à travers de la boite à doudous.

Sur le fond on retrouve la pub « *Mélakarnets*, le blog avec des vrais morceaux de Melaka dedans », le site bloqué par Google et Firefox comme étant un site malveillant, Gudule, la mère de Mélanie. Pour être franc, je ne savais pas ou la mettre, alors je me suis dit que collée au fond, elle y serai bien. La poudre de ricoré lyophilisée « Bonjour » : si l’on est ce que l’on mange, Melaka serait un gros tas de « Bonjour »; Je ne pouvais pas passer à coté de « Bonjour », présent sur le blog tel un running gag intemporel; des traces de pas de chats.

2010

Un fond « Yellow Submarine » par Mélaka qui se transforme en monde Minecraft (enfin c’est l’idée, merci Photoshop pour les petits carreaux).

Maya la Hacker, Maya et Mélanie en balade, le monstre (??), Princesse Maya (c’est trop chouuuxx… mais pourquoi j’ai mis ça moi ?). Mélanie en interview pour le Festiblog, encore.

2011

Puis la tablette/palette graphique géante Cintiq by Wacom. Visiblement le nouveau jouet orgasmique des dessinateurs fortunés.

On retrouve, la longue vue depuis Puycelsi, la rage de dents de Reno avec les « yeux en foufoune » de Mélanie, Minecraft qui vous enlève votre vie du monde réel, l’ouverture du blog de Reno, la culture des fourmis, l’annonce de la deuxième grossesse (c’est ce dessin qui m’a fait découvrir les Mélakarnets).

Et enfin le blog se construit sur une note imaginaire qui affiche la vidéo, tel une mise en abyme de la vidéo en elle même : « Un truc de malade ».

Final

Le générique de fin d’affiche sur du papier mâché et déchiré.

La citation du créateur de la musique produit une « explosion de foufoune »

Conclusion fumeuse

Tous les éléments de la vidéo sont en rappel ou en écho avec le blog.

C’est normal de ne pas tout voir, et tout comprendre. Pour cela, il faut lire et relire le blog.

Si on me le demande, je peut donner bien sur plus d’infos sur tel ou tel truc.

Ah oui aussi, faites tournez, si vous pensez que cela en vaut la peine !

Suppléments

Détail de l’animation finale : chaque calque à une position en 3D.